Il vous faut utiliser une méthode spéciale pour percer une brique sans la casser. Notre guide vous explique comment réaliser le bon geste.
Brique pleine ou brique creuse : comment identifier son mur avant de percer

Tapotez plusieurs zones éloignées des joints. Un son dense et mat indique souvent un élément plein ; un son plus résonnant suggère des alvéoles. Ce test reste indicatif. Un petit trou exploratoire dans une zone discrète donne une réponse plus sûre, tout comme les poussières : régulières sur un matériau plein, interrompues lorsque le foret traverse des vides.
Localisez aussi les réseaux avec un détecteur adapté. Évitez l’axe vertical et horizontal des prises, interrupteurs, robinets et radiateurs. Coupez l’alimentation concernée si le doute porte sur un câble ou un tuyau. Enfin, percez de préférence dans la matière plutôt que dans un joint friable pour une fixation durable, sauf prescription différente du fabricant de la cheville.
Quel foret choisir pour percer de la brique ?

Un foret à béton muni d’une plaquette en carbure convient aux diamètres courants. La pointe doit être intacte et centrée. Un outil usé chauffe, dévie et oblige à pousser davantage. Le diamètre du foret doit correspondre exactement à celui annoncé pour la cheville, non au diamètre de la vis.
- Foret cylindrique classique pour une perceuse à mandrin et des trous courants.
- Foret SDS avec un perforateur pour les gros diamètres dans un support plein et résistant.
- Foret de 4 ou 5 mm pour l’avant-trou, avant de passer au diamètre définitif.
- Aspirateur ou poire de soufflage pour retirer la poussière avant la pose.
Comment percer de la brique sans la casser : la technique étape par étape
- Tracez le point et vérifiez l’absence de réseau caché.
- Posez un morceau d’adhésif de masquage si la surface est lisse ou peinte.
- Montez un petit foret et réglez une vitesse faible, sans percussion.
- Tenez la machine perpendiculaire et démarrez sans appuyer brutalement.
- Agrandissez le trou avec le diamètre final, toujours progressivement.
- Limitez la profondeur avec la butée ou un repère sur le foret.
- Aspirez la cavité avant d’introduire la cheville.
Le geste compte davantage que la force. Gardez les deux mains sur la machine, les pieds stables et le foret dans l’axe. Lorsque la pointe rencontre une alvéole, la résistance chute soudainement : relâchez immédiatement la pression pour ne pas frapper la paroi suivante. Ne faites pas osciller la perceuse pour élargir le trou ; cela détruit les bords et réduit la tenue.
Quelle cheville utiliser selon le type de brique ?

Dans un élément plein, une cheville à expansion fonctionne pour les charges légères à moyennes. Dans une cloison alvéolée, choisissez une fixation longue qui se déploie derrière une paroi ou répartit l’effort sur plusieurs cloisons.
Pour une charge lourde, un scellement chimique avec tamis peut convenir, sous réserve des valeurs du fabricant. Les capacités ci-dessous restent indicatives et dépendent du support réel.
| Famille de fixation | Support visé | Usage possible | Contrôle obligatoire |
|---|---|---|---|
| Cheville à expansion | Élément plein compatible | Objet courant non critique | Diamètre, profondeur et résistance annoncés par le fabricant |
| Cheville longue pour support creux | Élément alvéolé identifié | Objet courant lorsque la fiche le permet | Épaisseur des parois, longueur utile et mode d’expansion |
| Cheville à bascule ou à ailettes | Cavité compatible | Fixation légère selon le système | Espace arrière, épaisseur du support et valeur fabricant |
| Scellement chimique avec tamis | Élément creux admis par le système | Assemblage dimensionné au cas par cas | Résine, tamis, tige, nettoyage, entraxes et distances aux bords |
| Scellement chimique sans tamis | Élément plein admis par le système | Assemblage dimensionné au cas par cas | Profondeur, nettoyage, température, temps de cure et données fabricant |
Pour un radiateur, un meuble haut ou toute fixation dont la rupture pourrait blesser, aucune charge générique n’est transposable. La profondeur d’ancrage, l’état de la maçonnerie, le nombre de points, les entraxes et les distances aux bords changent la résistance.
Utilisez uniquement les valeurs du système complet pour le support réellement identifié et faites dimensionner l’assemblage lorsqu’il relève de la sécurité des personnes.
Cas particuliers
Vieux murs en brique ancienne (plus friable)
Une maçonnerie ancienne peut cumuler bords éclatés, joints poudreux et éléments déjà fissurés. Éloignez le point d’une arête et augmentez le diamètre en deux ou trois passages. Si la cavité s’effondre, rebouchez avec un matériau compatible puis déplacez la fixation ; introduire une cheville plus grosse dans un trou dégradé donne une fausse impression de solidité.
Brique réfractaire ou de parement
La brique réfractaire est dure et abrasive. Utilisez un foret de qualité, une faible vitesse et des pauses. Sur un parement, la priorité est d’éviter l’éclat visible : commencez avec une pointe fine, sans choc, puis traversez lentement. Ne percez jamais un conduit ou un habillage de foyer sans connaître sa construction ; l’étanchéité et les distances de sécurité peuvent être compromises.
Préparer une fixation qui tiendra dans le temps

Commencez par connaître la charge réelle, y compris le contenu futur du meuble et les efforts de levier. Une étagère profonde exerce davantage de traction sur les points hauts qu’un objet plat du même poids. Une télévision articulée change de position et multiplie les contraintes. Répartissez les ancrages sur plusieurs éléments sains plutôt que de concentrer tout l’effort près d’une arête.
Respectez les distances minimales entre les trous et par rapport aux bords. Deux scellements trop proches peuvent solliciter la même zone fragile. Sur un mur enduit, mesurez l’épaisseur de la finition afin que la cheville travaille dans la maçonnerie, non uniquement dans le plâtre. Utilisez une vis de diamètre et de longueur compatibles ; une vis trop courte ne déploie pas la cheville, une vis trop grosse peut la fendre.
Après le forage, nettoyez soigneusement. La poussière réduit l’adhérence d’un scellement chimique et empêche certaines chevilles de se plaquer. Aspirez, brossez et soufflez selon la procédure du fabricant. Dans une alvéole, introduisez le tamis prévu avant la résine. Respectez le temps de durcissement, qui augmente lorsque la température baisse, et ne chargez pas l’ancrage pendant cette période.
Corriger un trou raté sans fragiliser le mur
Si le foret dévie, n’essayez pas de le ramener de force dans l’axe : le trou deviendra ovale. Arrêtez, évaluez l’écart et choisissez soit une fixation qui tolère cette position, soit un nouveau point suffisamment éloigné. Rebouchez l’ancien avec un produit compatible. Attendez son durcissement avant de percer à proximité ; un rebouchage frais ne reconstitue pas immédiatement la résistance d’origine.
Lorsqu’un bord s’écaille, retirez seulement les parties non adhérentes. Une rondelle ou une platine peut masquer un petit défaut de surface, mais elle ne renforce pas une cavité détruite. Pour une charge lourde, déplacez le point ou faites contrôler la maçonnerie. Empiler plusieurs chevilles, allumettes ou morceaux de plastique dans un trou trop large ne constitue pas une réparation fiable.
Un foret bloqué doit être dégagé sans torsion brutale. Coupez l’alimentation, desserrez la machine si possible et retirez la pointe avec un mouvement contrôlé. Si elle a traversé une canalisation ou un câble, ne touchez pas les parties métalliques et sécurisez le réseau. Une fuite, une odeur de brûlé ou le déclenchement d’une protection impose l’arrêt du chantier.
Perçage propre sur une surface finie
Sur une brique peinte, marquez l’emplacement avec un adhésif de masquage et démarrez à très faible vitesse. Sur une plaquette de parement, vérifiez d’abord son épaisseur et le support derrière elle. La fixation doit généralement s’ancrer dans le mur, pas seulement dans le parement. Évitez les joints visibles lorsque leur largeur ou leur état ne garantit pas la tenue.

Placez un aspirateur juste sous le trou ou pliez une enveloppe en papier pour recueillir la poussière. Cette astuce protège la finition, mais ne remplace pas une aspiration de la cavité avant la cheville. Utilisez une butée de profondeur pour ne pas traverser inutilement une cloison. Dans un logement occupé, prévenez aussi des vibrations et protégez ce qui se trouve de l’autre côté du mur.
Serrez la vis progressivement. Dès que la platine est plaquée, un serrage supplémentaire peut faire tourner la cheville ou écraser la paroi d’un élément creux. Contrôlez la fixation après la mise en charge, puis de nouveau quelques jours plus tard pour un équipement sollicité. Tout jeu, grincement ou fissure autour du point demande une dépose et un diagnostic.
Avant de ranger, aspirez la zone, retirez l’adhésif et contrôlez l’aplomb de l’objet. Étiquetez les forets usés au lieu de les remettre avec les neufs. Une pointe émoussée sera difficile à reconnaître lors du prochain chantier. Conservez aussi l’emballage des chevilles : les profondeurs, vis admises et charges y sont plus utiles qu’une estimation mémorisée.
Pour plusieurs fixations alignées, utilisez un gabarit rigide et contrôlez le niveau entre chaque trou. Une petite déviation se cumule rapidement. Percez le premier point, posez provisoirement la platine, puis marquez les suivants à travers elle si sa conception le permet. Cette méthode réduit les erreurs de report.
Retirez ensuite la platine avant le forage définitif pour ne pas endommager son revêtement ni accrocher le foret.
